Une Nuit à L'Atelier

Bonjour à tous et à toutes!

Ces dernières semaines, je n'ai pas beaucoup trouvé le temps pour lire et pour écrire un article régulièrement. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que j'écris aussi! Un roman, et des nouvelles que je n'ai encore jamais tenté d'envoyer chez un éditeur (pour ceux qui demanderaient). Vous me voyez venir? ;) Cette semaine, je ne vais pas vous écrire une critique littéraire, mais vous présenter la première partie d'une de mes nouvelles. Bonne lecture!

Première partie

               C'était un doux après-midi de Mai. Le soleil rayonnait et les merles chantaient. Il était très agréable de se promener, de flâner, et d'observer le jardin de l'Atelier à travers la baie vitrée. L'Atelier? C'est LE lieu où l'on peut s'exprimer, le lieu où l'on peut expérimenter. Ce mercredi-là, je retrouvais les filles et Marie-Claire, notre prof de dessin. On avait nos petites habitudes. Sans que rien ne soit jamais explicitement dit, tout le monde savait où se placer, à quelle place précisément. On s'installa dernière l'immense baie vitrée car une douce chaleur y régnait. Chacune s'attela à son œuvre qu'elle n'avait pas fini la fois précédente.

               Yolaine peignait une jeune danseuse étoile qui regardait en direction d'un miroir en face d'elle sans y voir encore son reflet. Debout, elle était habillée d'une robe rose bonbon et les froufrous en bas de son tutu laissaient paraître ses jambes de porcelaine. Laurie et moi étions sur le même thème: représenter des personnages en argile. Laurie avait fait une grands chapeaux retourné sur lequel se tenait, debout au milieu, un petit homme avec une mignonne petite écharpe. Il me faisaient penser au Petit Prince. C'était très poétique. Quand à moi, je continuais ma sculpture: un homme vêtu d'un long manteau ample qui ne laissait pas percevoir les courbes de son corps, et d'un haut-de-forme. Il portait à le main une valise en forme de flèche montrant le direction vers laquelle il allait.

               Chacune à notre rythme, on avançait, on améliorait, on retravaillait, on cherchait une certaine perfection même si on savait qu'elle n'existait pas. C'est ce qui fait le charme d'une œuvre! Marie-Claire passait derrière nous pour nous donner son avis et des conseils. Le cours passa très vite. A la fin, nous avions toutes bien avancé. La robe de la danseuse de Yolaine avait à présent des teintes plus pastelles et cela donnait un rendu très doux. Le Petit prince de Laurie était à présent muni de fines et belles ailes. En ce qui me concerne, mon bonhomme en argile avait exactement le rendu espéré. Une jambe plus grosse que l'autres, certes, mais j'en étais fière. Debout, droit comme un I, il était si mystérieux avec son regard perdu au loin!

               Le cours fut terminé et une semaine s'écoula. La semaine suivante, comme à mon habitude, j'arrivais la dernière. En poussant la porte de l'Atelier, Yolaine me sauta au cou, le visage blême. Les yeux écarquillés, elle bredouillait quelques mots qui se perdaient dans la nature avant qu'ils m'arrivent aux oreilles. Laurie se glissa derrière son amie. Elle aussi, n'avait pas l'air de trouver les mots, elle qui, pourtant, d'habitude, arrivait à les trouver assez facilement. Ne comprenant évidemment rien à la scène qui se déroulait sous mes yeux, je demandais des explications et c'est Yolaine qui réussi la première à me répondre:

"Les...les dessins... ils... ils ont bougé!!"

(Suite et fin la semaine prochaine...)

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Deuxième partie

Tout ceci me parut n'être qu'une grande blague. Evidement, que ni les peintures ni les sculptures ne pouvaient bouger! D'un autre coté, les filles paraissaient tout de même très sérieuses et j'avoue que cela me fit frissonner.

"-Vous les avez vu bouger? demandais-je.

-Non, non, pas vraiment... mais regarde! s'exclama la blondinette."

Sur ces mots, Yolaine m'entraina par la manche vers le fond de la salle où étaient exposées nos œuvres. Je n'en cru pas mes yeux. Ce n'était pas possible! La danseuse de Yolaine avait à présent son reflet dans le miroir. Cette dernière n'en avais même pas encore dessiné les contours! Et chose étrange, le reflet dans le miroir ne correspondait pas à l'attitude de la danseuse que la jeune fille avait peinte. Le Petit Prince de Laurie n'était plus debout au milieu du grand chapeau, mais bien assis au bord, l'air pensif, rêveur, ses belles ailes déployées. C'est à ce moment-là que j'aperçu ma sculpture en argile. A présent, il marchait. D'un pas assuré, ils se rendait je-ne-sais-où, son expression dure toujours perdue au loin, comme s'il regardait un point fixe qu'il voulait atteindre en marchant. Je restais interdite. Après tout, que dire en voyant un tel spectacle? Marie-Claire passa la porte à son tour. Etrangement, en lui montrant ce qu'étaient devenu nos œuvres, elle ne dit rien. Pas un seul commentaire, pas un froncement de sourcil, seulement un léger sourire en coin. Etait-elle au courant de quelques chose? C'était son atelier, après tout.

               La difficulté de la semaine était là: comment continuer quelque chose qui é déjà évolué sans nous? Yolaine a pu retravailler un peu sa peinture, mais nos sculptures en argile, à Laurie et à moi, étaient sèches à présent. On commença donc à les peindre. Les couleurs ne vinrent naturellement. Le long manteau serrait noir et la grosse flèche serrait d'un rouge vif. Nous nous appliquions toutes avec beaucoup de minutie. A la fin du cours, je ne résistais pas à l'envie de questionner Marie-Claire:

"-Que s'est-il passé à l'Atelier?

-Je ne sais pas, répondit l'intéressée, l'air pensive.

-Vraiment? insistais-je."

Un peu mal à l'aise, elle sautilla un pied sur l'autre, et termina la discussion sur ces mots:

"Ne soit pas si pressée, tu le saura bientôt."

Durant toute la soirée, je réfléchis. Je réfléchissais à COMMENT tout cela était-il possible. Ce mercredi-là, j'avais ramené on bonhomme fini chez moi. Il était sur mon bureau. C'est alors que sans crier gare, je le vis bouger ses doits, puis ses bras, pour ensuite tourner la tête machinalement vers moi, blottie au fond de mon lit. Terrorisée, je le regardais marcher à grandes enjambées vers mon lit, en sautant sur ma chaise de bureaux puis au sol, pour ensuite gambader dans ma chambre, escalader mon lit, et se poser sur la couette en s'assaillant en tailleur. D'une voix rauque qui me fit frissonner, il s'adressa à moi:

"-Alors, tu as compris ce qui s'est passé, mon enfant?

-Vous êtes vivants, affirmais-je avec étonnamment beaucoup d'aplomb.

-Je vais t'expliquer, continua l'étrange personnage. En effet, nous avons les même capacités qu'un être humain. Mais tu sais pourquoi? Tout ça, c'est grâce à vous. Vous mettez tout votre cœur dans ce que vous faites à l'Atelier. Vous prenez le temps de faire ce qu'il vous plait, en ensuite, vous en êtres fières. C'est vous qui nous avez donné vie. C'est votre passion et votre engagement qui nous ont donné vie."

Je me réveillais en sursaut, en sueur, dans mon lit. La statuette en argile était sagement posée sur mon bureaux. Il me sembla qu'elle me regardait dormir, avec ce petit éclat malicieux dans le regard. C'était-ce pas un petit sourire qu'elle était en train de me faire?

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Voici donc la suite et fin de ma nouvelle... J'espère qu'elle vous aura plu! Un grand merci aux commentaires adorables que j'ai lu avec grand plaisir la semaine précédente!! Cour Surtout, n'hésitez pas à me dire si la fin aura été à la hauteur de vos attentes. :)

A très vite,

Laura