La paix n'est-elle qu'un rêve suspendu?

Gaël Faye, vous connaissez? A la fois auteur et interprète de ses chansons, ce burundais de 36 ans s'est maintenant fait un place de choix dans le slam français (si vous ne le connaissez pas, courrez écouter Métis, Petit Pays ou encore Ma Femme). En 2016, il change de casquette et publie son premier roman à tendance hautement autobiographique : Petit Pays (oui, comme sa chanson).

 

https://www.google.fr/search?q=petit+pays&client=firefox-b&tbm=isch&tbs=rimg:CW0USJTbbKtMIjj3LBOoPo1LxUeoaUxiCdjobW7oo5d0of3rruyIRFnckWugnm-NP7KXOljEUf0H33evOzRLvj7xRCoSCfcsE6g-jUvFEcqgb9NBW76hKhIJR6hpTGIJ2OgREfNImJ7yY9kqEgltbuijl3Sh_1REQa-7YZ9GjKyoSCeuu7IhEWdyREYo8PFlaW9hSKhIJa6Ceb40_1spcR_1IMEnUZvOhwqEgk6WMRR_1QffdxG77Y2c7lYduioSCa87NEu-PvFEEXSlyEn85EqF&tbo=u&sa=X&ved=2ahUKEwiPlf_Pm67aAhUEPRQKHZP2D1oQ9C96BAgAEBs&biw=1536&bih=729&dpr=1.25#imgrc=pSjJf5nyFhDitM:

Gabriel est un petit garçon café au lait qui vit dans une impasse paisible au Burundi. Son père est blond aux yeux verts, sa mère, Yvone, est une rwandaise Tustsi. Très jeune, elle a du quitter sa terre natale pour se réfugier au Burundi, petit pays au sud du Rwanda. Le petit Gabriel, grâce au statut de son père, a une place privilégié dans la société burundaise. Pourtant, il va à l'école comme tous les petits garçons, il s'imagine de folles aventures lorsqu'il joue avec ses amis dans l'impasse. Mais quand une guerre arrive, elle ne prévient pas. En 1993, la radio burundaise clame une douce mélodie de musique classique. Le papa de Gabriel lui explique alors que c'est le signal : un coup d'Etat a éclaté. C'est dans cet environnement politique et social instable qu'en 1994, au Rwanda, sur la terre natale d'Yvone, la guerre civile déchire la population. Deux ethnies se font face, les Hutus et les Tutsis, anéantissant de part et d'autre des familles entières.  Un vrai génocide. C'est donc dans ce climat d'extrême violence que le petit Gabriel est arraché à son enfance.

Je terminerai cet article en citant un passage du prologue de l'œuvre. La justesse des propos de l'enfant sont, je pense, à méditer...

[Dans la camionnette, le père de Gabriel lui explique:]

«- Vous voyez, au Burundi c'est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça des ethnies. Les Hutu sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez. [...] Et puis il y a les Tutsis, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutu, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu'ils sont dans la tête. [...]

- La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c'est parce qu'ils n'ont pas le même territoire?

- Non, ce n'est pas ça, ils ont le même pays.

- Alors... ils n'ont pas la même langue?

- Si, ils parlent la même langue.

- Alors, ils n'ont pas le même dieu?

- Si, ils ont le même dieu.

- Alors... pourquoi se font-ils la guerre?

- Parce qu'ils n'ont pas le même nez. »