A l'ombre des orangers...

Bonjour à tous et à toutes!

Cette semaine, j'aimerais vous faire découvrir un ouvrage qui est malheureusement d'actualité. Il s'agit de L'orangeraie, de Larry Tremblay, paru pour la première fois au Québec en 2013.

 

 

http://www.gallimard.fr/gallimard/download/imagehd/9782070469260

"Les jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers", commence la quatrième de couverture. Mais malheureusement, cela n'a pas été le cas.

Une nuit, un obus vole dans le ciel et s'écrase sur la maison de leurs grands parents. Ces derniers sont retrouvés sous les décombres; le père des jumeaux, Zahed, rêve déjà d'une vengeance.

Ainsi, peu de temps après, trois hommes viennent troubler le silence paisible de l'orangeraie. L'un d'entre eux, qui semble être le chef, demande à parler à Zahed. Ils s'entretiennent donc, à l'écart du petit groupe. Cet homme se nomme Soulayed. Il donne à Zahed un objet qui paraît relativement lourd, enroulé dans du tissu. Soulayed repart avec ses hommes dans sa Jeep, laissant Zahed avec son air grave. Tamara, la mère des jumeaux, se tord de douleur devant ce spectacle. Mais pourquoi donc? Qu'y a-t-il de si grave?

En réalité, Soulayed est venu pour imposer un choix à Zahed. Ce sera Amed, ou bien Aziz. Il faudra choisir entre un des deux jumeaux fusionnels. Car le pays est en guerre, avait expliqué Soulayed. Il faut venger leurs grands parents, et mourir pour Dieu. C'est un honneur, de mourir en martyr. Zahed n'a donc que quelques semaines pour choisir entre le courageux Aziz, atteind d'une maladie grave et incurable, et son jumeau plein de vie Amed. L'un des deux devra suivre Soulayed dans les montagnes, passer de l'autre côté, et activer sa ceinture d'explosifs dans la ville ennemie, celle qui a tué les grands-parents des jumeaux et qui est responsable de tous leurs malheurs. Qui donc, d'Amed ou bien d'Aziz,  aura cette lourde charge qui leur est présentée comme un honneur?

 

Poignant. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit en pensant à cet œuvre. Très bien écrit, également. L'auteur et dramaturge canadien opte pour un style très poétique mais à la fois lourd et cru. Il ne donne aucun indice de pays précis, mais en vue de l'actualité, il est clair que L'orangeraie parle du djihad au Moyen-Orient.

De plus, ce qui est, je trouve, extrêmement intéressant, c'est que nous voyons "l'autre côté" de cette guerre. Dans ce roman -que j'ai lu d'une traite-, nous suivons au plus près les malheurs d'une famille et nous le visons avec eux, à leurs côtés. Et ce petit livre vous tient en alerte de la première à la dernière ligne! Vous n'êtes pas au bout de vous surprises! Les rebondissements, qui sont pourtant lentement suggérés, résonnent souvent comme un coup de tonnerre.

Vous l'aurez comprit, je vous suggère donc très grandement de lire L'orangeraie. Que vous soyez callé dans l'actualité du Moyen-Orient ou non, cet ouvrage vous emporte dans un autre monde, de l'autre côté du miroir.

J'espère que cette présentation vous aura plu, si vous avez des questions, n'hésitez pas à me les poser en commentaire! De même si vous avez lu le livre et que vous voulez partager votre avis sur la question.  ;)

A très vite,

Laura